Pourquoi l’affichage de température dans votre voiture vous ment sans que vous le sachiez

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Vous pensiez que votre voiture était incapable de mentir ? Détrompez-vous ! Sous ses airs sérieux, le tableau de bord vous raconte parfois de sacrées salades, surtout quand il s’agit d’afficher la température extérieure. Entre les 50 °C affichés après un parking en plein soleil et l’air beaucoup moins bouillant qui vous accueille dehors, il y a de quoi se poser des questions. Levons le capot sur ce petit mensonge embarqué dont on ne se méfie pas assez…

Les voitures et la température : la grande illusion

  • La plupart des véhicules indiquent la température extérieure, mais aucun n’utilise de véritable thermomètre.
  • Les relevés sont effectués grâce à une thermistance : un minuscule composant électronique, bien loin du tube de verre plein de mercure (ou d’alcool) de nos chers thermomètres d’antan.

Concrètement, la thermistance mesure la température en analysant les variations de courants électriques qui la traversent. Pas de liquide qui monte ou qui descend : ici, tout est affaire de résistance et d’électronique. Son atout majeur ? Elle est minuscule, facile à loger derrière une calandre et franchement économique. L’instrument rêvé pour nos voitures, en théorie du moins…

Le vrai coupable : l’emplacement du capteur

En laboratoire, la thermistance est aussi fiable qu’un thermomètre classique. Le souci, c’est que dans nos voitures, elle n’a pas vraiment de chance : on la place généralement à l’avant, derrière la calandre, tout près du sol. Et là, c’est le drame climatique miniature : au lieu de mesurer la température de l’air ambiant, elle s’imprègne allègrement de celle du sol… et le bitume, c’est un vrai radiateur naturel !

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Petit rappel de physique de comptoir : le bitume noir des routes absorbe toutes les longueurs d’onde du soleil, y compris les infrarouges – ceux qui chauffent le plus. Résultat : même si l’air est agréable, la surface de la route, elle, frôle la friture.

En France, dès que les températures montent sérieusement, l’air au soleil atteint volontiers 30 à 40 °C, mais la chaussée, elle, grimpe joyeusement vers 60 à 70 °C, comme l’expliquait Olivier Moglia (un expert du bitume, ça existe !) dans le journal Science et Vie. Bref, pas étonnant que vous trouviez des valeurs dignes du désert de Gobi sur votre tableau de bord après un stationnement au soleil.

L’été, on rigole… L’hiver, on dérape (littéralement)

On peut sourire devant les chiffres exagérés de juillet, mais le problème devient vraiment sérieux à la mauvaise saison. L’hiver venu, le bitume ne lâche rien : il conserve la chaleur (ou la fraîcheur !) comme un champion. Résultat : la température annoncée dans la voiture diffère parfois de l’ambiance réelle. Et cet écart de quelques degrés n’est pas anodin…

  • Deux ou trois petits degrés de différence suffisent à passer d’une route simplement mouillée à une route totalement verglacée.
  • Un conducteur confiant dans l’affichage de sa voiture peut alors se tromper gravement sur les conditions réelles, sans forcément modifier sa conduite.

La chaîne météo américaine The Weather Channel enfonce le clou : le souci du placement du capteur fausse la donne principalement quand les températures chutent.

La morale ? Gardez la tête froide (et les yeux ouverts) !

Ainsi, lorsque le thermomètre du tableau de bord flirte avec le zéro, méfiez-vous ! La tentation de lui faire confiance est grande, mais son chiffre peut vous induire en erreur et vous faire sous-estimer le risque d’une route glissante. Alors, double dose de vigilance et faites confiance à vos sens, pas seulement à votre voiture : elle sait rouler, mais pas toujours compter les degrés…