Vous pensiez avoir trouvé la solution miracle en reléguant votre pauvre chaise au placard pour adopter le travail debout ? Attention, un mythe persistant concernant cette nouvelle posture pourrait bien ronger votre santé… en toute discrétion ! Penchons-nous – debout ou assis, à votre guise – sur cette tendance et ses réelles implications.
Sédentarité : un risque en embuscade
La majorité d’entre nous passe une grande partie de ses journées assise, que ce soit dans les transports ou au bureau. Ce rythme statique n’est malheureusement pas un cadeau pour la santé :
- Hypertension artérielle
- Fonctionnement ralenti des organes
- Prise de poids
- Troubles musculo-squelettiques (TMS)
- Augmentation du risque de maladies cardiovasculaires (nos vaisseaux deviennent paresseux et diffusent moins bien l’oxygène…)
Le quadra bien vissé à son siège – juriste, chauffeur de taxi, chargé de clientèle, employé de bureau ou professionnel de santé – n’est pas seul : c’est toute une société qui s’adapte (mal) à la sédentarité. Et si les chaises ergonomiques à soutien lombaire et repose-pied peuvent sembler être la panacée, leur effet protecteur a ses limites. Quelques centimètres de trop ou de moins dans le réglage, et hop ! Bonjour, douleurs au dos, au cou, aux épaules ou aux jambes. « Travailler assis peut être une exigence de certaines professions, avec des avantages qui ne compensent pas toujours les inconvénients… », souligne le psychosociologue Philippe Zawieja.
Évidemment, adopter une bonne posture, prendre des pauses pour s’étirer, se lever et même faire un brin d’exercice entre deux réunions, peut limiter la casse. Sans oublier que la sédentarité limite aussi la dépense énergétique, favorisant la prise de poids, le diabète de type 2 et nuisant à la santé mentale en coupant court aux bienfaits de l’activité physique régulière.
Le travail debout : révolution ou fausse bonne idée ?
Face à ces constats peu réjouissants, de plus en plus d’entreprises cèdent à la mode du bureau à hauteur réglable. Travailler debout offre certains avantages incontestables :
- Mobilisation des fessiers, lombaires, muscles thoraciques et cervicaux
- Meilleure circulation sanguine
- Posture plus dynamique
- Concentration et vigilance accrues grâce à la tension physique
Mais attention, la position debout prolongée n’a rien d’un remède universel. À force, elle peut engendrer :
- Fatigue musculaire au niveau des jambes, des pieds et du bas du dos
- Tensions et contractures, surtout si on penche son poids sur une seule jambe (avouez, on l’a tous fait !)
Philippe Zawieja conseille donc de chausser du confortable, de s’entourer d’un tapis anti-fatigue pour soulager les pieds et de s’offrir régulièrement des pauses assises, histoire que votre dos et vos mollets ne criquent pas avant 16h.
Travail debout : mythe de la ligne retrouvée ?
Ne vous emballez pas : le passage en mode debout n’est pas synonyme de perte de poids miraculeuse ! Une étude de 2018 publiée dans The European journal of preventive cardiology nous apprend qu’on ne brûle, en réalité, qu’environ 0,15 calorie de plus par minute debout qu’assis, soit 54 calories de plus sur une journée de 6 heures (l’équivalent d’une petite orange ou… cinq chips !).
Cela dit, rester debout active davantage la musculature et pourrait avoir un impact bénéfique : vrais gains sur la réduction des crises cardiaques, AVC et diabète, ainsi qu’une meilleure gestion du poids, selon le professeur Francisco Lopez-Jiminez. Mais inutile de jeter votre chaise dès demain matin : aucun poste ou posture ne détient la clé du bien-être absolu.
La clé ? L’alternance et l’écoute de soi
Alors, faut-il bannir le siège pour adopter le staff debout permanent ? Pas si vite… Pour Philippe Zawieja, la réponse est nuancée, car chaque option a ses avantages et ses inconvénients. Le graal, c’est l’alternance : varier les plaisirs en passant régulièrement de la position assise à la position debout, voire à l’assis-surélevé ou à l’assis-debout (un siège haut qui sert juste d’appui fessier sans assise véritable).
En pratique, cela signifie aussi :
- Intercaler des pauses « actives » : aller jeter un papier, se faire un café, répondre à un appel en marchant…
- Utiliser des équipements aidant (siège ballon, tabouret haut, bureaux ajustables…)
- Ajuster soigneusement la hauteur de son bureau : les avant-bras bien reposés à 90°, épaules détendues, les deux pieds bien ancrés au sol
- S’écouter (pas les collègues, soi-même !) : s’étirer, changer de position dès qu’on en ressent le besoin
- Consulter son médecin du travail ou un ergonome en cas de douleurs récurrentes
Coup de projecteur, enfin, sur les entreprises : attention aux effets d’annonce ! Installer des bureaux assis-debout ou des accessoires ergonomiques ne doit pas servir de cache-misère pour éviter de se pencher sur la qualité du management ou le sens du travail. Fournir des équipements de qualité reste une priorité, mais ne se substitue pas au respect du bien-être global des salariés.
En somme, l’idéal n’est ni dans la chaise ni dans la station debout permanente, mais dans l’équilibre, l’alternance et l’écoute de son corps. Le vrai secret pour ne pas finir au régime chips ? Bouger, changer, s’adapter… et ne jamais se transformer en prisonnier de son bureau !

Passionnée par les approches holistiques du bien-être, Laure explore à travers ses articles l’univers du massage, de la relaxation et des pratiques de santé naturelle. Formée aux techniques de relaxation et curieuse des traditions ancestrales comme des innovations modernes, elle partage conseils pratiques et découvertes pour cultiver l’équilibre corps-esprit au quotidien. Sa plume bienveillante invite chacun à prendre soin de soi avec douceur et authenticité.





