Sauver son autonomie en mode « ventouse » derrière un camion : vraie bonne idée ou astuce de la dernière chance ? Tentons de trancher, chiffres (et sueurs froides) à l’appui !
La ruée vers l’autonomie (et la borne la plus proche…)
Le réseau de bornes de recharge s’améliore chaque mois, voir la progression d’infatigables stations rapides qui fleurissent même sur les autoroutes jadis désertiques. Résultat, rouler en électrique sur longue distance devient possible sans finir remorqué sous une pluie battante—aussi rassurant que cela soit. Pourtant, lors des longs trajets, l’autonomie reste l’épée de Damoclès pendue au-dessus de nos tableaux de bord. Ici, la moindre pointe d’optimisme mal placée se solde par de sérieux moments de doute.
Lorsque la jauge descend dangereusement, économiser chaque électron devient un art où il faut savoir appuyer là où ça compte (spoiler : couper la radio ne sert à rien). Mieux vaut baisser sa vitesse ou réduire le chauffage, car l’aérodynamique, elle, ne pardonne pas. Si baisser la vitesse offre déjà un gain appréciable, certains tentent la carte du « sillage camion » pour grappiller encore plus… mais est-ce justifié ? C’est ce qu’une expérience menée avec deux voitures aux profils peu aérodynamiques va éclairer.
Comprendre la traînée : la science pas sorcière… mais presque
Pour braver l’air, l’automobile se heurte à la traînée. Le fameux Cx (coefficient de traînée) reflète la capacité d’un objet à pénétrer l’air ; plus il est bas, mieux c’est. Hélas, la forme parfaite, c’est la goutte d’eau (Cx de 0,04) — et à moins que votre voiture ne fonde, c’est hors de portée. Du coup, les constructeurs optimisent ce qu’ils peuvent.
Mais le Cx n’est qu’une partie du tableau. Pour y voir clair, il faut y ajouter la surface frontale—ça donne le mystérieux SCx. Ce chiffre-là, presque jamais communiqué, donne l’effort réel pour avancer : il dépend de la largeur et la hauteur (hors rétros, soyons légers sur la méthode).
Sur ce terrain, la Fiat 500e affiche un SCx d’environ 0,75 et le Volkswagen ID. Buzz monte à 1,01 (pour les forts en maths). Les deux modèles, pas hyper aérodynamiques, sont parfaits pour tester « l’effet aspiration camion ».
Autoroute, mode éco : gains réels ?
Petit test sur portion d’autoroute rectiligne, sans relief :
- À 130 km/h, l’ID. Buzz consomme 32,7 kWh/100 km (235 km d’autonomie), la 500e 23,4 kWh/100 km (159 km d’autonomie).
- À 90 km/h (pile la moyenne des camions), magie : 23,5 kWh pour l’ID. Buzz (-28%), 14,5 kWh chez Fiat (−38%). Résultat ? Respectivement +93 km et +98 km d’autonomie sur un plein. De quoi respirer !
Certes, baisser la vitesse porte ses fruits, mais que donne le fameux « collage camion » ?
Les tests, à deux distances réglementaires (première bien au-delà des 54 m légaux à 90 km/h, deuxième au plus proche du minimum) montrent :
- À 91 m du camion : encore un gain, mais modeste. L’ID. Buzz tombe à 22,8 kWh/100 km (−3,0%), la 500e à 13,9 (-4,1%). Sur l’autonomie, +10 km en moyenne sur un plein.
- À 50 m (distance légale mini) : là, ça devient plus sérieux. L’ID. Buzz consomme 20,7 kWh/100 km (372 km d’autonomie), la 500e dégringole à 12,3 kWh/100 km (303 km). Économie de 45 km sur un plein !
On ne fait pas mieux avec un mode « ventouse » ultra-proche : c’est limite dangereux, amende à la clé (135 € et 3 points en moins), et à la pédale, difficile de rester stable : on gagne tout juste une dizaine de kilomètres de plus… Bonjour le stress.
Le revers de la médaille (et pourquoi ce n’est pas si magique)
Côté légalité, en respectant la distance minimum, on évite l’illégalité, mais pas le stress. Avec le régulateur au plus loin, le confort est moyen : turbulences, perte de stabilité, surtout sur l’ID. Buzz. Collé, c’est plus efficace et confortable… mais il faut avoir les nerfs solides et des réflexes de ninja en cas de pépin.
Chaque conducteur pourra trouver un compromis, par exemple en gardant un écart intermédiaire, autour de 70 m (distance légale à 130 km/h). Mais ce genre de conduite doit rester exceptionnel, utile pour « rallier la borne » sans finir en zone à risques (panne sur bande d’arrêt d’urgence : mauvaise idée, espérance de vie estimée à 20 minutes…).
Dernier point : suivre un camion, c’est rallonger le trajet (5h34 pour 500 km à 90 km/h, contre 4h33 à 110 km/h). Pour 500 km derrière un camion avec un ID. Buzz, on parle de 6h05 (1 recharge) contre 5h32 (trois recharges) si l’on roule plus vite. Comptez bien : c’est du temps de vie en échange !
Conclusion : entre autonomie et tranquillité, il faut choisir
Rouler collé à un camion permet vraiment d’améliorer son autonomie, parfois de façon significative, surtout à basse vitesse et sur des véhicules peu aérodynamiques. Néanmoins, les gains sont beaucoup moins spectaculaires que ce que l’on imagine et associent stress, inconfort, allongement du trajet, et risques légaux. Pour éviter la panne, réduisez avant tout votre vitesse et ne réservez le « suivi de poids-lourd » qu’aux situations désespérées. Votre batterie, votre permis… et votre rythme cardiaque vous diront merci !

Passionnée par les approches holistiques du bien-être, Laure explore à travers ses articles l’univers du massage, de la relaxation et des pratiques de santé naturelle. Formée aux techniques de relaxation et curieuse des traditions ancestrales comme des innovations modernes, elle partage conseils pratiques et découvertes pour cultiver l’équilibre corps-esprit au quotidien. Sa plume bienveillante invite chacun à prendre soin de soi avec douceur et authenticité.





