Un vieux remède de charlatan qui surprend la science contre l’épilepsie
Qui aurait cru que le jeûne, cette pratique plus ancienne que le plus vieux du village, pourrait tenir tête à la médecine moderne face à l’épilepsie ? Depuis Hippocrate, en passant par des figures moins connues comme le Dr Guelpa ou le Dr Marie, le jeûne fait régulièrement des apparitions remarquées dans les débats médicaux. Et si, parfois, une vieille lune de la médecine trouvait bel et bien sa place parmi les étoiles de la science ?
Le jeûne, champion historique des médecines alternatives ?
Avant que les influenceurs healthy ne proposent leurs cures miracle, le jeûne avait déjà la cote, et pas qu’un peu ! Hippocrate, père de la médecine, en vantait toutes les vertus il y a plus de deux millénaires. « Cette sorte de démon ne sort que par la prière et le jeûne », déclare-t-on dans l’évangile selon saint Matthieu, juste après la guérison d’un enfant épileptique. Voilà qui en dit long sur la réputation de cette méthode – bien avant l’apparition du hashtag #Fasting.
Pourtant, les faits sont tenaces : l’épilepsie reste l’une des rares indications où ce « vieux remède de charlatan » a vraiment montré de l’efficacité. Dans l’histoire de la médecine, les autres résultats du jeûne sont pour le moins… mitigés.
Quand la diète devient méthode scientifique
Si l’on quitte les sentiers antiques pour entrer dans le monde – un peu plus rationnel, enfin, on espère – de la littérature scientifique, c’est à des médecins français que l’on doit la première tentative moderne d’en faire un traitement. Le Dr Guillaume Guelpa et Auguste Marie ont, les premiers, prescrit à leurs patients un jeûne intermittent contre l’épilepsie : quatre jours de jeûne strict (accompagnés d’un laxatif quotidien et d’eau à volonté, histoire de ne pas sombrer dans l’ascétisme total), puis quatre jours d’alimentation végétarienne. Et, ainsi, de recommencer… Selon ces pionniers, l’épilepsie serait née d’un désordre alimentaire à rectifier grâce à ce protocole. Soyons honnêtes : on réfléchissait alors plus au jeûne qu’à la maladie elle-même !
Mais il faut le noter, le régime cétogène, descendant moderne et scientifiquement calibré de cette diète, s’est révélé efficace contre ce que l’on appelle le « haut mal ». Serait-ce la revanche de nos grands-mères qui disaient que tout part du ventre ?
- Jeûne intermittent encadré, associé à une alimentation végétarienne
- Traitement historiquement validé contre l’obésité ET l’épilepsie
- Origines dans la littérature médicale française du début du XXe siècle
La réalité de l’épilepsie : une maladie méconnue et invalidante
Sous l’aspect un peu folklorique du remède ancien se cache une maladie lourde, difficile à vivre au quotidien. L’épilepsie pharmaco-résistante est encore largement méconnue, souvent invalidante : il n’est pas rare qu’on « prenne les malades pour des fous ». Les chiffres sont implacables : impossibilité de conduire, 95 % des métiers inaccessibles. Pour beaucoup, c’est une maladie à vie, impliquant des traitements quotidiens.
Il y a, d’ailleurs, autant d’épilepsies que de patients : entre de simples « absences » et de violentes crises, le spectre est vaste. Mais que cela soit clair : soigner la maladie avec le seul jeûne serait une folie. Sans traitement médical, la mort à moyen terme est inévitable pour les formes sévères.
Médicaments, cannabis et alertes
Ceux qui connaissent l’épilepsie de près le savent : il n’y a pas de recette miracle. Le sujet reste sensible, notamment quand il s’agit de l’information des familles. Dire qu’un enfant n’est « pas malade », c’est risquer d’attendre la prochaine crise pour réagir, au lieu de le soigner en amont.
Aujourd’hui, le traitement passe principalement par des médicaments antiépileptiques – qui ne sont pas sans risques : malformations ou troubles du neuro-développement chez l’enfant dont la mère a été exposée pendant la grossesse, vigilance exigée côté père aussi. Les autorités insistent : prudence avec ces traitements, notamment pour les femmes enceintes et les enfants.
Dans un contexte où certains tentent des alternatives, l’Agence du médicament s’inquiète de l’usage en ligne de produits à base de cannabidiol chez les enfants, rappelant qu’un médicament officiellement validé existe en France. L’expérimentation du cannabis thérapeutique, soutenue par certains spécialistes, vise aussi à affiner les modalités de suivi et de prise en charge, pensant surtout aux patients en échec des traitements conventionnels.
Enfin, il ne faut pas oublier les situations extrêmes, comme ces enfants résistants aux médicaments, pour qui la chirurgie (allant jusqu’au retrait d’un tiers d’un hémisphère cérébral) devient l’ultime recours. Trois ans plus tard, un de ces jeunes ne souffre que d’un léger trouble de la vision.
En conclusion
L’épilepsie est diverse, complexe, parfois insaisissable. Si le jeûne et ses variantes ont intrigué, secoué, parfois aidé, ils n’ont pas remplacé les traitements validés ni l’accompagnement vigilant des familles et soignants. En la matière, la nostalgie du remède miracle n’a d’égal que la rigueur des professionnels : il s’agit moins de rêver une guérison simpliste que de comprendre, de soutenir et de soigner, sans jamais céder aux sirènes du simplisme. Avant de suivre un quelconque charlatan (ou même un ancien sage grec), mieux vaut demander l’avis d’un vrai spécialiste.

Passionnée par les approches holistiques du bien-être, Laure explore à travers ses articles l’univers du massage, de la relaxation et des pratiques de santé naturelle. Formée aux techniques de relaxation et curieuse des traditions ancestrales comme des innovations modernes, elle partage conseils pratiques et découvertes pour cultiver l’équilibre corps-esprit au quotidien. Sa plume bienveillante invite chacun à prendre soin de soi avec douceur et authenticité.





