Vous pensez que seuls les gros chiens sont dangereux et que les petits n’ont de mordant que sur les pantoufles ? Erreur classique ! Et si la réalité était bien plus nuancée que les clichés sur nos amis à quatre pattes ? Plongeons dans le vrai du faux autour de la race du chien et le risque de morsure… Vous risquez d’être surpris !
Le vrai visage des morsures de chiens en France
Chaque année, environ 10 000 morsures de chiens sont officiellement déclarées en France, selon la Direction départementale de la protection des populations. Mais attention, cette statistique cache un os : l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) précise que ce chiffre est « très certainement inférieur à la réalité ». Bien plus d’incidents échapperaient ainsi aux bilans officiels…
Pour rappel, la déclaration de toute morsure – que l’on soit médecin, pompier, vétérinaire, ou simple citoyen – doit se faire auprès de la mairie. Une étape administrative qui contribue à mieux cerner l’ampleur du phénomène, mais qui reste encore trop méconnue du grand public.
Non, la race de votre chien ne prédit pas son danger !
C’est un mythe qui a la peau dure : certains chiens « dangereux » seraient programmés pour mordre, à la différence des autres. Sauf que l’Anses, après avoir épluché la question à la demande du ministère de l’Agriculture, est formelle : « le risque de morsure ne peut se fonder de manière fiable sur la seule race ou le type racial du chien ».
Alors oui, même le chihuahua de la voisine pourrait avoir ses jours « sans »… L’expertise montre que la taille ou la nature du chien ne suffisent pas à évaluer le danger potentiel. Les petits comme les gros peuvent mordre sans discrimination. Pas très rassurant pour vos mollets, ou votre main qui croyait caresser sans risque !
Ce qui compte vraiment : comprendre les facteurs de risque
L’Anses insiste : il faut s’intéresser à tout un ensemble de critères, et pas uniquement regarder la race inscrite sur le carnet de santé. Voici les principaux points à surveiller :
- Le développement et le bien-être de l’animal
- L’âge des personnes impliquées
- Le lieu où se déroule l’interaction
- L’attention (ou l’inattention !) face aux signaux envoyés par le chien
Matthieu Schuler, directeur général délégué au pôle science de l’agence, rappelle que ces facteurs environnementaux, humains et comportementaux sont au premier plan dans la prévention des morsures. Les enfants en bas âge, souvent peu attentifs aux alertes canines, font régulièrement partie des victimes.
Catégories « dangereuses » ? Une efficacité toute relative
Pourtant, la France, comme d’autres pays auparavant, continue de classer les chiens sur la base de leur race. Les American Staffordshire terrier (pitbull), Mastiff, Tosa ou Rottweiller sont ainsi catégorisés comme « chiens d’attaque » ou « de garde et de défense », relevant de réglementations particulières. Ce système, très ancré, semble pourtant peu pertinent : selon l’Anses, « aucune étude scientifique ne met en évidence un risque plus élevé de morsure par les chiens de catégories 1 et 2 dits “dangereux” ».
Et pour la petite histoire, les États-Unis, les Pays-Bas ou l’Italie, qui avaient tenté des catégorisations par la race, y ont finalement renoncé. Motif ? Aucune efficacité nette sur la réduction du risque de morsure…
Le Sénat français le reconnaît aussi – au risque de froisser les propriétaires de teckels ou de caniches : « les petits chiens – souvent impliqués dans des attaques d’enfants en bas âge – sont aussi mordeurs que les gros ». Seule différence notoire : « les risques de blessures graves sont plus élevés lorsque la personne est attaquée par un chien de grand gabarit », car leur mâchoire a franchement plus de pression…
En pratique, les catégories ne riment à rien face à la diversité des profils mordants. Comme le souligne Loïc Dombreval, député et ancien vétérinaire : « Certains animaux parmi les plus mordeurs ne figurent pas dans ces deux catégories, et quand j’étais vétérinaire, les chiens dont je me méfiais le plus étaient les yorkshires et les cockers ». Prendre un caniche à la légère ? Mauvaise idée, car « l’on peut être défiguré par la morsure d’un caniche ».
- L’Institut de veille sanitaire (IVS) a même mené une enquête sur les 15 races les plus mordeuses, révélant un palmarès qui bouscule les préjugés. Mais petits ou grands, aucun n’a le monopole du coup de croc…
En conclusion : surveillez l’éducation et le bien-être de votre chien, quelle que soit sa race ! Protégez vos enfants, soyez attentif aux signaux de stress ou d’agacement de l’animal et, surtout, ne sous-estimez jamais la capacité de mordre, même du plus attachant des compagnons. Les stéréotypes n’ont décidément pas la dent dure face aux faits scientifiques !

Passionnée par les approches holistiques du bien-être, Laure explore à travers ses articles l’univers du massage, de la relaxation et des pratiques de santé naturelle. Formée aux techniques de relaxation et curieuse des traditions ancestrales comme des innovations modernes, elle partage conseils pratiques et découvertes pour cultiver l’équilibre corps-esprit au quotidien. Sa plume bienveillante invite chacun à prendre soin de soi avec douceur et authenticité.





